Portrait Isabelle Molénat

 

atelier

Comment en es tu arrivée à créer et à réaliser tes propres bijoux ?

Mon premier métier est architecte, mon second créatrice de bijoux.

Je suis passée de l’un à l’autre simplement, le lien entre ces métiers étant pour moi évident: on y trouve des logiques de penser et de mise en forme identiques. Dans le bijou on peut faire coexister l’architecte savant, qui choisit et transforme les matériaux en fonction de la conception de l’objet et le créateur qui puise dans les accidents et les contraintes de la matière les atouts et le point de départ pour la mise en oeuvre de l’objet…dimension pragmatique de l’architecte et dimension affective de l’artiste.

Dans ces deux domaines je m’applique à travailler avec et pas contre. Je n’impose pas, j’écoute, j’observe, j’analyse, je retranscris. Je crée des espaces, des objets avec cette même énergie de sens.

Au tout début les créateurs de bijoux qui m’ont interpellé ont été Line Vautrin, Lina Baretti, Catherine Noll. C Noll disait   » S’il est réussi, le bijou sera intemporel et traversera les époques. Il est des créations qui se situent entre bijou et sculpture « . 

En créant mes premiers bijoux, je cherchais à être dans cet équilibre entre matière, esthétique et sens. Je voulais situer le bijou dans un univers qui me touche et me bouscule, explorer la relation d’intimité qu’il porte. J’ai travaillé les thématiques du désir, du lien, du trouble, ces signes qui nous animent, nous humanisent. 

Et puis le bijou est devenu presque un soin, me permettant de quitter la fonction d’objet pour atteindre un lieu innommable, une zone archaïque où la création est là, sans autre raison que d’exister.

 

 

Quelle est ta matière de prédilection?

Le textile s’est imposé à moi dès le départ, c’était une évidence. J’ai essayé de comprendre d’où provenait ce choix implicite. Le textile me renvoie d’abord au vêtement, à ce qui couvre, protège et met en valeur notre corps, le textile comme objet vital et ornemental. Le textile parle aussi à travers ses textures et ses couleurs, c’est le textile comme médiateur de sensations et d’émotions.

Je travaille certaines collections avec des textiles de récupérations, d’autres en préparant directement des teintures végétales pour colorer des soies dans des harmonies que seule la nature développe. Le processus suit une lente maturation des pigments, une inépuisable interaction entre la technique et le hasard. 

Le textile m’offre ainsi un champs artistique que je ne soupçonnais pas.

 

 

Qu’est ce que tu aimerais exprimer au travers de tes bijoux autour du thème « Corps Limite »?

Le titre de cet ensemble de bijoux que j’expose est « Ce que la peau dit de nous ».

Il y a une phrase de Didi Huberman qui décrit très bien ce que la peau représente pour moi : « On peut penser que la surface est ce qui tombe des choses: ce qui en procède donc». 

La peau est la surface de notre corps. Cette limite laisse s’exprimer nos années de vie et nos émotions:  les rides ( ce que j’appelle plus poétiquement « les plis de la peau»), les cicatrices… les frissons, la chair de poule…les joues roses, le teint blême….La peau  exprime ce que l’on ne peut cacher,  elle est une fenêtre sur notre vie.

A travers mes bijoux je souhaite exprimer les liens au corps, l’écorce de notre vie.

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https://www.facebook.com/artisteisabellemolenat/

http://isabellemolenat.wixsite.com/isabellemolenat

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